Portrait (Escalade, 2013), 2013
Diffusion sur écran plat d'ordinateurShown on a flat computer screen
Une personne est assise à une table, dans la rue, et parle face à l'objectif. Le cadre est fixe. Derrière elle passent des silhouettes costumées : c'est la Fête de l'Escalade, la célébration par laquelle Genève rejoue chaque hiver son récit fondateur.
L'entretien tient sur un fil : le rapport entre ce que l'on est et ce que l'on donne à voir. La personne prend pour exemple la manière dont des transidentités masculines et une subjectivité métissée se construisent et se publient sur YouTube — l'apparence comme une langue que l'on apprend, que l'on règle, que l'on met en ligne.
À mesure que la parole avance, l'image se défait par son centre. Le visage — ce que le regard fixe d'abord — s'efface le premier ; ce qui résiste, ce sont les bords, où continuent de défiler les costumes de la ville en fête. À la fin, le portrait a entièrement disparu ; ne demeure que sa périphérie.
Deux fabrications d'un « soi » se relaient ainsi sans jamais se commenter : l'une intime, choisie, dite à la première personne ; l'autre collective, héritée, célébrée dans la rue.
Le dispositif des Panoramiques The Panoramiques dispositif →A person sits at a table, in the street, and speaks to the lens. The frame is fixed. Behind them, costumed figures file past: it is the Fête de l'Escalade, the festival through which Geneva re-enacts its founding story each winter.
The interview holds to one thread: the relation between what one is and what one shows. The speaker takes as an example the way transmasculine identities and a mixed-heritage subjectivity are built and published on YouTube — appearance as a language one learns, tunes, and posts.
As the words go on, the image undoes itself from its centre. The face — what the eye fixes on first — is the first to go; what holds are the edges, where the costumes of the celebrating city keep passing. By the end the portrait has vanished entirely; only its periphery remains.
Two fabrications of a self thus take turns without ever commenting on each other: one intimate, chosen, spoken in the first person; the other collective, inherited, paraded in the street.
Le dispositif des Panoramiques The Panoramiques dispositif →