Photogramme : l'image est partagée en deux moitiés. À gauche, une balustrade de fer longeant un parc en hiver et les toits de la ville au loin ; à droite, une allée d'arbres nus où passent des silhouettes, un camion orange et une poubelle jaune. Au centre, une personne de dos, capuche de fourrure.
Photogramme plus flou, au champ resserré : à gauche la même balustrade et la ville au loin ; à droite, un homme en costume d'époque, chapeau noir à large bord, penché sur une feuille qu'il lit.
Photogramme à l'agrandissement extrême, presque abstrait : à gauche une surface grise indistincte barrée d'une ligne claire, à droite la roue d'un camion orange.

Portrait (Escalade, 2013), 2013

Vidéo numérique HD, 30 min 11 s, couleur, sonHD digital video, 30 min 11 s, colour, sound
Diffusion sur écran plat d'ordinateurShown on a flat computer screen

Une personne est assise à une table, dans la rue, et parle face à l'objectif. Le cadre est fixe. Derrière elle passent des silhouettes costumées : c'est la Fête de l'Escalade, la célébration par laquelle Genève rejoue chaque hiver son récit fondateur.

L'entretien tient sur un fil : le rapport entre ce que l'on est et ce que l'on donne à voir. La personne prend pour exemple la manière dont des transidentités masculines et une subjectivité métissée se construisent et se publient sur YouTube — l'apparence comme une langue que l'on apprend, que l'on règle, que l'on met en ligne.

À mesure que la parole avance, l'image se défait par son centre. Le visage — ce que le regard fixe d'abord — s'efface le premier ; ce qui résiste, ce sont les bords, où continuent de défiler les costumes de la ville en fête. À la fin, le portrait a entièrement disparu ; ne demeure que sa périphérie.

Deux fabrications d'un « soi » se relaient ainsi sans jamais se commenter : l'une intime, choisie, dite à la première personne ; l'autre collective, héritée, célébrée dans la rue.

Le dispositif des Panoramiques The Panoramiques dispositif

A person sits at a table, in the street, and speaks to the lens. The frame is fixed. Behind them, costumed figures file past: it is the Fête de l'Escalade, the festival through which Geneva re-enacts its founding story each winter.

The interview holds to one thread: the relation between what one is and what one shows. The speaker takes as an example the way transmasculine identities and a mixed-heritage subjectivity are built and published on YouTube — appearance as a language one learns, tunes, and posts.

As the words go on, the image undoes itself from its centre. The face — what the eye fixes on first — is the first to go; what holds are the edges, where the costumes of the celebrating city keep passing. By the end the portrait has vanished entirely; only its periphery remains.

Two fabrications of a self thus take turns without ever commenting on each other: one intimate, chosen, spoken in the first person; the other collective, inherited, paraded in the street.

Le dispositif des Panoramiques The Panoramiques dispositif
Position dans l'AtlasPosition in the Atlas
Voir dans l'Atlas See in the Atlas
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