Cinétract N°1 et 2Ciné-tract No. 1 and 2, 2016–2017
Vidéo numérique, couleur et noir & blanc, son ; N°1 (« Cinétract du 97 mars ») : 6 min 32 s
Texte (N°1) : librement adapté d'un écrit d'Alain Damasio (« La Rage du Sage »)
Contexte : Nuit debout / Arts visuels deboutDigital video, colour and b&w, sound; No. 1 ("Cinétract du 97 mars"): 6 min 32 s
Text (No. 1): freely adapted from a piece by Alain Damasio ("La Rage du Sage")
Context: Nuit debout / Arts visuels debout
Une émission de télévision est interrompue. À l'écran, la boucle d'interruption de programme d'une chaîne publique tourne — le carton qui s'affiche quand la diffusion s'arrête. Une voix lit un texte sur la surveillance de masse.
L'image, d'abord nette, se dégrade : à force de compression, elle se pixellise, se couvre d'artefacts, jusqu'à devenir presque illisible. Puis les programmes reprennent, la présentatrice reparaît, comme si rien ne s'était passé.
Réalisés dans le sillage de Nuit debout et d'Arts visuels debout, ces deux ciné-tracts sont de courtes pièces de cinéma militant.
L'image de l'institution télévisuelle se ruine ici de l'intérieur, par l'opération technique qui la transporte. La reprise « normale » de l'émission, à la fin, dit tout : le flux se referme, l'interruption est absorbée.
A television broadcast is interrupted. On screen, a public channel's off-air loop turns — the card shown when transmission stops. A voice reads a text on mass surveillance.
The image, sharp at first, degrades: through sheer compression it pixelates, fills with artefacts, until it is barely legible. Then the programmes resume, the presenter reappears, as if nothing had happened.
Made in the wake of Nuit debout and Arts visuels debout, these two ciné-tracts are short pieces of militant cinema.
Here the image of the television institution ruins itself from within, through the very technical operation that carries it. The "normal" return of the broadcast, at the end, says everything: the flow closes over, the interruption absorbed.