Photogramme extrait d'une bande-annonce : la nuque et l'épaule d'une femme brune en col roulé noir, une bretelle de sac perlée en travers du dos ; au fond, des arbres nus.
Photogramme très agrandi, presque abstrait : des masses beiges et brunes en flou, barrées d'un aplat rouge orangé dans l'angle inférieur.
Photogramme : une femme en veste de survêtement rouge court le long d'un plan d'eau bordé de roseaux ; un rectangle de l'image se décale, mal raccordé.
Photogramme : le profil flou d'un homme en écharpe grenat et manteau sombre, dans une rue où passent des barrières bleues et blanches.
Photogramme : une main tient une étoffe verte au-dessus de la tranche dorée d'un meuble ; à gauche, un pan de vêtement rouge.
Photogramme très sombre et flou : une main claire posée sur une étoffe brune, dans une lumière d'intérieur.

Aparté (Personae)Aside (Personae), 2012

Film (vidéo expérimentale)Film (experimental video)
Vidéo numérique HD, 4 min 51 s, couleur, son
Format 1.78
Musique originale : Clément Paulet
Found-footage : fragments extraits de bandes-annonces
Digital video HD, 4 min 51 s, colour, sound
Format 1.78
Original music: Clément Paulet
Found footage: fragments extracted from trailers

Des regards se croisent, des souffles, des portes qui s'ouvrent et se referment, des silhouettes qui déambulent. Une histoire semble se nouer, sans qu'on puisse dire laquelle.

On croit suivre un récit ; on ne suit que sa promesse. Les images, très travaillées, souvent pixelisées, glissent les unes dans les autres sur une musique continue.

Toutes ces images sont extraites de dizaines de bandes-annonces de l'année — zooms, recadrages sur des fragments choisis, inversions, rapiécées, mises en boucle et remontées ensemble. La pixellisation est la trace de l'extraction : plus une image est agrandie, plus elle se défait.

Le film recompose la fiction générique que toutes les bandes-annonces racontent déjà — croisements de regards, seuils, attente… Il rend visible le stock d'émotions interchangeables dans lequel puise l'industrie, et la beauté fantôme qu'on peut en tirer.

Glances meet; breaths; doors opening and closing; figures wandering. A story seems to form, though you cannot say which.

You think you are following a narrative; you are only following its promise. The images, heavily worked and often pixelated, slide into one another over a continuous score.

All of them are taken from dozens of trailers of the year — zooms, reframings onto chosen fragments, inversions, patched, looped and re-edited together. The pixelation is the mark of the extraction: the more an image is enlarged, the more it comes apart.

The film recomposes the generic fiction every trailer already tells — crossed glances, thresholds, waiting… It makes visible the stock of interchangeable emotions the industry draws on, and the ghostly beauty one can pull from it.

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