Terrain d'ententeCommon Ground, 2021
Avec Gaëlle Gasc (réalisatrice) et Étienne Amiet (sociologue)With Gaëlle Gasc (director) and Étienne Amiet (sociologist)
Colloque FRESH « Film et recherche en sciences humaines et sociales »FRESH conference “Film and Research in the Human and Social Sciences”
Maison des Sciences de l'Homme en BretagneMaison des Sciences de l'Homme en Bretagne
27 mai 2021, en visioconférence · Publiée27 May 2021, online · Published
On ne filme pas un geste technique comme on filme une parole, ni comme on filme un paysage ; passer de l'un à l'autre demande du temps et une autre attention. C'est par ce constat que Damien Pelletier-Brun prend la parole dans cette communication à trois voix, aux côtés de la réalisatrice Gaëlle Gasc et du sociologue Étienne Amiet. L'objet : comment une enquête sociologique sur les pesticides (riverains et viticulteurs du sud Beaujolais, sommés de cohabiter) devient un film documentaire, Terrain d'entente, dont il assure l'image. Sa part y est précise. L'enquête « préexiste » au tournage : il se met à son service, quand son propre travail, d'ordinaire, fait de la caméra ce qui crée l'enquête. Filmer devient alors une affaire de choix (distance, hauteur, cadre…) et c'est en cela qu'il tient le cinéma pour un outil de pensée : les choix non explicités se font par défaut, à l'insu de l'enquête. Pour donner à voir une analyse sans voix off ni sous-titres, il compose une image descriptive et englobante, à hauteur de regard, préservant toujours le territoire à l'arrière-plan. La communication fait de la répartition des rôles : sociologue, réalisatrice, opérateur image, une réflexivité : chacun, en défendant sa contrainte, révèle les angles morts des autres.
You don't film a technical gesture the way you film speech, or the way you film a landscape; moving from one to another takes time and a different kind of attention. That observation is where Damien Pelletier-Brun speaks up in this three-voice talk, alongside director Gaëlle Gasc and sociologist Étienne Amiet. The subject: how a sociological survey about pesticides (residents and winegrowers of the southern Beaujolais, forced to share a territory) becomes a documentary, Terrain d'entente, which he shot. His part is precise. Here the inquiry pre-exists the shoot and he puts himself at its service, whereas his own work usually makes the camera the thing that creates the inquiry. Filming then becomes a matter of choices (distance, height, frame…) and this is why he holds cinema to be a tool for thinking: choices left unspoken get made by default, behind the inquiry's back. To make an analysis visible without voice-over or subtitles, he builds a plain, encompassing image at eye level, always keeping the land in the background. The talk turns the division of roles — sociologist, director, cinematographer — into a reflexive method: each, by defending his own constraint, reveals the others' blind spots.
On ne filme pas un geste technique comme on filme une paroleYou don't film a technical gesture the way you film speech
les choix non explicités se font par défaut, à l'insu de l'enquêtechoices left unspoken get made by default, behind the inquiry's back
chacun, en défendant sa contrainte, révèle les angles morts des autreseach, by defending his own constraint, reveals the others' blind spots