How to represent porosity to fill strategical emptiness ? 2019
Colloque Critical ZoneConference Critical Zone
Warburg-Haus, Universität HamburgWarburg-Haus, University of Hamburg
21 – 22 février 2019 · Publiée21 – 22 February 2019 · Published
Deux rivières se rejoignent à Genève : l'Arve, grise de limon glaciaire, et le Rhône décanté. Un mur immergé les sépare et les laisse fuir l'une dans l'autre. De cette image, tirée de son installation Jonction, la communication déploie une thèse : ce que l'Occident nomme « nature » est perçu comme un vide stratégique, une périphérie qu'on peut exploiter, conserver ou régler parce qu'on n'y voit pas les liens qui la tissent.
À ce vide, Damien Pelletier-Brun oppose la porosité : non plus filmer des surfaces séparées, mais rendre visible la continuité (l'eau qui passe le mur, le grain du capteur qui se confond avec un lit de rivière, le poil d'un sanglier et l'écorce qu'il gratte…). La seconde voix, celle de l'historienne de l'art Lena Quelvennec, ancre la démonstration dans une collection alpine du Valais, où peinture de paysage et expéditions savantes ont fabriqué ce même regard de surplomb.
Donnée dans un colloque refermé par une conférence de Bruno Latour sur la « zone critique », l'intervention est le moment où la porosité — jusque-là intuition d'atelier — prend sa forme publique et théorique.
Two rivers meet in Geneva: the Arve, grey with glacial silt, and the settled Rhône. A wall sunk in the riverbed keeps them apart and lets each seep into the other. From that image, drawn from his installation Jonction, the talk builds a claim: what the West calls “nature” is treated as strategically empty — a periphery it feels free to exploit, conserve or regulate, because the ties that hold it together stay unseen.
Against that emptiness Damien Pelletier-Brun sets porosity: not filming separate surfaces, but making continuity visible (water crossing the wall, a sensor's grain merging with a riverbed, a boar's fur and the bark it rubs against…). The second voice, art historian Lena Quelvennec, grounds the case in an Alpine museum collection where landscape painting and scientific expeditions built that same overhead gaze.
Given at a conference closed by a lecture from Bruno Latour on the “critical zone,” this is where porosity — until then a studio intuition — first takes public, theoretical shape.